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Chez eux

Faire le tour du logement de son parent, pièce par pièce

Un tapis qui gondole, une ampoule grillée dans le couloir, une baignoire un peu haute : les petits pièges du quotidien se cachent dans les détails. Voici comment faire le tour de la maison avec votre parent, sans rien lui imposer et souvent pour pas grand-chose.

· 6 min de lecture

Escalier intérieur moquetté avec une rampe en bois et une main courante

Il y a ce moment où l'on remarque quelque chose. Votre père se rattrape au dossier d'une chaise en traversant le salon. Votre mère laisse la lumière du couloir allumée toute la nuit « parce que c'est plus pratique ». Rien de grave, mais l'idée fait son chemin : et si on regardait la maison d'un peu plus près ?

Bonne intuition. La plupart des petites glissades et des faux pas à domicile tiennent à des choses très simples : un objet au sol, un éclairage trop faible, un geste répété mille fois qui devient un peu plus difficile. Et la plupart des réponses sont tout aussi simples. Le tout est de s'y prendre de la bonne manière.

D'abord, faire le tour ensemble

La tentation est grande d'arriver un samedi avec une perceuse et une liste. Mauvaise idée. Ce logement, c'est le sien. Il connaît chaque marche, chaque recoin, et il a ses raisons pour que le fauteuil soit placé là et pas ailleurs.

Proposez plutôt une visite à deux, sans enjeu. Une phrase qui marche souvent : « J'ai lu deux ou trois astuces pour que la maison soit plus pratique, tu veux qu'on regarde ensemble ? » Puis laissez-le guider et demandez-lui ce qui l'agace au quotidien : l'interrupteur trop loin du lit, le placard où il faut monter sur un tabouret. Il a souvent déjà repéré les difficultés. Si le sujet est délicat chez vous, quelques pistes pour ouvrir le dialogue sans le braquer peuvent aider avant de sortir le mètre ruban.

Une règle d'or : on ne jette rien et on ne déplace rien sans son accord. Le tapis persan offert par sa sœur a peut-être plus de valeur qu'on ne le croit. On cherchera plutôt comment le garder sans qu'il glisse.

Au sol et dans la lumière : les deux grands classiques

Tapis, fils et petits obstacles

Commencez par regarder le sol, à hauteur de pieds. Les tapis qui bougent ou dont les coins se relèvent sont les premiers suspects. Pas besoin de tous les retirer : un filet antidérapant glissé dessous ou un adhésif double face sur les bords suffit souvent. Les fils de lampe, de téléphone ou de télévision qui traversent un passage peuvent être longés contre le mur avec des cache-câbles ou de simples attaches.

Profitez-en pour dégager les chemins habituels : du lit à la salle de bains, du fauteuil à la cuisine, de la porte d'entrée au salon. Une pile de journaux, un panier, un pouf bas : ce qu'on contourne sans y penser à 40 ans devient un obstacle quand la vue ou l'équilibre changent un peu.

Voir clair, surtout la nuit

L'éclairage est le grand oublié. Remplacez les ampoules faiblardes par des modèles plus lumineux (en restant sur une lumière chaude, plus agréable). Dans le couloir et vers les toilettes, de petites veilleuses à détecteur de mouvement, qui se branchent sur une prise ou fonctionnent à piles, s'allument toutes seules au passage et s'éteignent ensuite. Pour les levers nocturnes, c'est souvent le changement le plus apprécié ; on en parle plus longuement dans notre article sur les nuits d'un parent âgé.

Vérifiez aussi qu'il existe un interrupteur ou une lampe accessible depuis le lit, sans avoir à se lever dans le noir. Une lampe tactile ou un interrupteur au pied du lit change la vie.

La salle de bains, la pièce qui mérite le plus d'attention

Sol mouillé, gestes en équilibre sur un pied, rebords à enjamber : la salle de bains concentre les situations délicates. Quelques équipements simples font une vraie différence.

  • Un tapis antidérapant dans la baignoire ou la douche, et un tapis de sortie qui ne glisse pas lui non plus.
  • Des barres d'appui, près de la douche et des toilettes. Les modèles vissés dans le mur sont bien plus fiables que ceux à ventouses, qui peuvent lâcher au mauvais moment. Faites-les poser par quelqu'un qui sait repérer ce que le mur peut supporter.
  • Un siège de douche ou une planche de bain, pour se laver assis sans fatigue.
  • Un rehausseur de toilettes si se relever devient laborieux.

Présentez ces aménagements pour ce qu'ils sont : du confort. On trouve aujourd'hui des barres d'appui sobres, colorées ou en finition métal, qui ressemblent davantage à un porte-serviettes qu'à un équipement médical. Si la baignoire devient franchement difficile à enjamber, des travaux plus importants peuvent être envisagés, avec des aides pour financer l'adaptation du logement.

Cuisine, escaliers, entrée : les gestes de tous les jours

Dans la cuisine

L'objectif est simple : que tout ce qui sert souvent se trouve entre la hauteur des hanches et celle des épaules. Les casseroles du quotidien, la vaisselle, le café, le sel. Ce qui ne sert qu'à Noël peut monter tout en haut ou descendre tout en bas. Avec ce seul rangement, plus besoin de grimper sur un tabouret ou de se pencher au ras du sol. Si votre parent tient à son escabeau, vérifiez qu'il est stable, avec une rampe de maintien.

Les escaliers

Une main courante solide, idéalement des deux côtés, et un éclairage qui s'allume en haut comme en bas. Des bandes antidérapantes ou un liseré de couleur au bord des marches aident à mieux les distinguer. Et rien ne reste posé sur les marches « en attendant de monter », même pas le linge propre.

L'entrée

C'est là qu'on porte des sacs, qu'on cherche ses clés et qu'on enlève ses chaussures. Un petit banc ou une chaise pour se chausser assis, une tablette pour poser les courses, un éclairage extérieur qui s'allume à l'approche : trois détails qui évitent bien des acrobaties. Vérifiez aussi le paillasson, qui a souvent la fâcheuse habitude de glisser.

Ce qu'on peut faire cette semaine pour presque rien

Pas besoin de budget important pour commencer. Voici une liste qui tient dans un après-midi :

  1. Remplacer les ampoules trop faibles, surtout dans le couloir et l'escalier.
  2. Poser deux ou trois veilleuses à détecteur entre la chambre et les toilettes.
  3. Glisser un antidérapant sous chaque tapis, ou ranger ceux qui ne servent à rien.
  4. Longer les fils électriques le long des murs.
  5. Mettre un tapis antidérapant dans la douche ou la baignoire.
  6. Redescendre à mi-hauteur la vaisselle et les ustensiles du quotidien.
  7. Placer une lampe facile à allumer à portée de main depuis le lit.
  8. Noter, avec votre parent, les aménagements plus lourds à envisager plus tard.

Si vous habitez loin, une partie de ce travail peut se faire en visio : demandez-lui de vous montrer chaque pièce avec son téléphone, et commandez les petits équipements pour qu'ils arrivent chez lui. Nos idées pour épauler son parent depuis chez soi complètent bien cette visite virtuelle.

Garder une maison qui lui ressemble

Le but n'est pas de transformer un intérieur chaleureux en couloir de clinique. Les photos restent aux murs, les bibelots sur les étagères, le fauteuil préféré à sa place. On ajuste, on ne vide pas.

Gardez aussi en tête que les besoins évoluent. Ce tour du logement peut se refaire chaque année, par exemple au changement d'heure, en même temps qu'on vérifie les piles des détecteurs de fumée. Et si votre parent a du mal à se déplacer, ou qu'il se sent moins assuré sur ses jambes, mieux vaut en toucher un mot à son médecin traitant lors du prochain rendez-vous : il saura dire si un regard extérieur, par exemple celui d'un ergothérapeute, serait utile.

Le jour où votre mère vous dira, l'air de rien, que la veilleuse du couloir est « drôlement pratique », vous saurez que le pari est gagné.